Aujourd’hui, j’ai souhaité mettre en lumière Eric Freyburger, membre national de la CFE-CGC, dont la réflexion dans « Le Temps du Care Management » (Editions l’Harmattan) éclaire avec lucidité une transformation profonde de notre rapport au management.

Le care management n’est pas un effet de mode.
C’est une réponse structurelle aux mutations du travail.

  • Pression économique accrue.
  • Transition numérique permanente.
  • Télétravail et hybridation des équipes.

Dans ce contexte, le manager se retrouve au cœur d’un paradoxe.

Éric Freyburger le rappelle avec force : manager, c’est assumer un double rôle devenu plus complexe que jamais.

Manager individuel : comprendre la psychologie de chacun, sa sensibilité à la pression, sa capacité d’autonomie.

Manager d’équipe : créer une dynamique collective, développer la coopération et garantir la performance globale.

Or, nos organisations continuent trop souvent à promouvoir sur des critères techniques ou financiers, sans évaluer la capacité à incarner cette double responsabilité humaine et collective.

Plus la pression augmente, plus les écarts se creusent.
Certains collaborateurs s’en nourrissent.
D’autres s’épuisent, décrochent ou se taisent.

Le manager “care” est celui qui ose se poser la question :
Comment cette personne vit-elle la pression ? Comment dois-je l’accompagner ?

Sans cette attention fine, le management devient standardisé et productiviste.
Avec elle, il devient un levier de performance durable.

Un autre signal faible, mais majeur, apparaît : de moins en moins de salariés souhaitent encadrer.
Stress accru. Responsabilités alourdies. Reconnaissance incertaine.
Le travail hybride fragilise le lien, isole, réduit les interactions informelles qui nourrissent l’innovation et le désir d’engagement.

Et pourtant, le care management reste un angle mort du droit social.

Aucun cadre n’impose de former les managers à la psychologie relationnelle, au pilotage hybride ou à l’attention individualisée.

Résultat : souffrances évitables, désengagement progressif, affaiblissement du collectif.

Nous ne pouvions pas, avec Patricia Ardillier, écrire et recueillir des témoignages de dirigeants et de DRH sans prendre l’avis des partenaires sociaux.

La voix d’Éric Freyburger est essentielle. Elle apporte une profondeur sociale et politique indispensable au débat.

Le temps du care management

Disponible dès maintenant en physique et en ligne.

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